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De la difficulté de comprendre l’espace médiatique

publié le 11/07/2019

Dans un long entretien à La Revue des Médias, tenue par l’INA, Bruno Patino (directeur de l’école de journalisme de Sciences Po Paris), Dominique Cardon (directeur du Sciences Po Medialab) et Théophile Lenoir (chargé d’études à l’Institut Montaigne), sur la base de l’étude qu’ils viennent de publier, mettent en évidence, entre autres, la structuration particulière de l’espace médiatique français. Selon eux, il existerait des médias dits « centraux », voire « hypercentraux », qui sont référents pour les autres sites, catégorisés comme « partisans » (gauche et droite), « périphériques » (contre-informationnel et d’extrême droite) et de « niche ».

Ils reviennent également sur le terme « fake news », mot qui s’est politisé, c’est-à-dire instrumentalisé. Que signifie-t-il ? Ils rappellent justement qu’en elle-même, « une information fausse isolée est assez inoffensive. Une fake news a besoin qu’il y ait des gens qui y croient, qui l’endossent, la colportent, la cadrent et qui la recadrent pour la placer dans l’agenda médiatique. La question des infox doit être réinscrite dans un contexte ». Il est donc nécessaire de s’interroger sur son circuit.

Une réflexion qui rappelle celle de Matthew d’Ancona, ­auteur de Post-vérité. Guide de survie à l’ère des fake news, qui avance que les infox s’inscrivent dans un « mouvement plus vaste de réaction à la rationalité, où la connaissance de chacun se trouve désormais dominée par l’empire de l’émotion ».

Pour lire l’étude de Bruno Patino, Dominique Cardon et Théophile Lenoir dans son intégralité, publiée par l’Institut Montaigne.

 

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